Non, c'est sûr, mon médecin n'est pas le docteur Gregory House !
Mais en attendais-je autant de lui ? Sans être le plus fin des fins diagnosticiens, il aurait pu remarquer certains "signes". Cela m'aurait probablement aidé à lui
parler, s'il avait semblé avoir des doutes et commencé à s'intéresser à mon alimentation, mon poids, et l'image que j'avais de moi.
Pour exemple il aurait pu remarquer :
-des cicatrices des scarifications et autres mutilations, à l'époque où j'étais assez idiote pour ne pas penser à "bien" les cacher.
-les manches longues et autres "manchettes amovibles" sur lesquelles je finis par tirer en permanence comme s'il s'agissait d'un TOC, voire la multitude de bracelets ou de ruban qui couvrent parfois mes bras, quand le temps ne se prête guère aux corps couverts.
-les troubles du sommeil et de l'endormissement qui m'accompagnent depuis de trop nombreuses années.
-mon anxiété qu'il se sent pourtant obligé de traiter à coups d'anxiolitiques.
-les différentes carences qui animent ou non mon corps régulièrement, sans être en permanence les mêmes (magnésium, vitamines, glucides, fer...)...
-ma tension si souvent basse : un peu en dessous de 9 à ma dernière consultation, où je me sentais plutôt bien.
-les angines et infections de la gorge en tous genres que je subis régulièrement. Bon d'accord, ça on peut lui pardonner, parce que je suis fumeuse (pour couronner le tout !)...
-mes hésitations quand il me pose des questions sur mon poids... "Votre poids est stable en ce moment ?"
-les variations de poids parfois hallucinantes que sa balance enregistre d'un mois sur l'autre, quand il décide de me peser.
-les éraflures sur ma main droite à la base de l'index ou du majeur, dues aux vomissements provoqués.
-ma peau jaunie au niveau de ma main droite et mes ongles jaunis eux-aussi. Bon ! Là encore, on peut l'excuser, c'est plutôt difficile à différencier du jaunissement dû à la cigarette...
-l'abandon de mes études du jour au lendemain.
-l'absence de travail ou d'activités quelconques qui me caractérise aujourd'hui. Il ne manque pourtant jamais de me poser la question... "Où en êtes-vous ? Vous faîtes quoi maintenant/en ce moment ?"
-ma TS "reconnue", grâce à laquelle j'ai atterri un soir aux urgences. (Pour ne pas compter celles qui se sont soldées par un échec : loupés, et intervention d'un tiers, et celles où j'ai simplement pris soudainement conscience que "j'étais en train de faire une connerie" ou que ce n'était pas vraiment ce que je souhaitais...)
-les antidépresseurs prescrits pas le psychiatre des urgences, à qui j'ai plus facilement ouvert une partie de mon coeur, encore « sonnée » et totalement stone.
-mes maux de ventre fréquents et "inexpliqués".
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