Nouvelle catégorie

Publié le par Mlle B.

J'ouvre une nouvelle catégorie : "réminiscences".
Pourquoi ?
Parce que j'ai retrouvé mon Carnet. Mon ancien Carnet, une sorte de journal intime, bardé de dates, de textes, de mini-poèmes, d'esquisses, de dessins, de collages, de sang parfois...
Je voulais partager avec vous ces instants de ma vie et de mes pensées. Pas forcément dans l'ordre. Peut-être en censurant certains passages... On verra bien.
Pour commencer, un texte du 29 avril 2004. Le contexte : Le lendemain j'ai fait ma première TS sérieuse. Dans le Carnet je m'adressais le plus souvent à A. le premier amour de ma vie, un amour d'enfant, qui est mort trop tôt. Le Carnet était une sorte de correspondance avec ce qu'il y avait de lui caché dans une partie de moi.
29 avril 2004, Bourg-en-Bresse :
Peu importe la vie, peu importe l'espoir qu'il me reste... Pourquoi attendre ? On meurt un jour ou l'autre et notre vie n'est, de toutes manières, que très éphémère... Qu'est-ce qu'une vie ? Qu'est-ce que l'Homme ? Ne suis-je donc sur cette terre que pour me souvenir et regretter ? Une année de bonheur dans une vie, est-ce trop, est-ce trop peu ? La vie se passe-t-elle à attendre ? Attendre quoi ? Je suis morte le 1er novembre 2003. Il y a huit mois... Qu'y puis-je ? Je suis morte et je suis toujours là... M., ma fille, est-ce que je te verrai un jour ? Est-ce que B. te reverra ? Est-ce que nous serons un jour à nouveau ensemble ? Cette terre est si grande et la vie est si courte. Je suis seule, si seule. B. me manque, toi, M., mon rêve, tu me manques aussi. Je voudrais encore y croire, mais je n'ai plus la force. je me suis épuisée à force de vouloir vivre à tous prix au lieu de m'endormir simplement.
Dormir sans son souffle à mes côtés, ce n'est plus possible. Le battement de son coeur me manque, la douceur de sa peau me manque, son regard me manque. Aujourd'hui, il ne m'apporte que du mépris et de la haine. Comment peut-on aimer et haïr autant ? Qui sommes-nous, pauvres petites choses humaines ? J'ai froid, j'ai si froid d'être seule... J'ai mal au coeur, je me vomis, je me hais, je hurle dans ma tête à toute heure du jour et de la nuit. Son odeur me manque, ses gestes me manquent, sa voix et son silence me manquent. Que dire de plus de cette abscence ? Le ciel n'a plus la même couleur, les nuages pleurent, le sucré et le salé se confondent, plus rien n'a de goût, les sourires sont écourtés, les pleurs allongés... Je suis morte ce jour, je regarde vivre les gens, sans les voir réellement.
Plus rien n'a d'importance, je suis un fantôme qui marche à côté d'esprits transparents. Les gens ne sont plus. Ils ne me voient plus, je ne les entends plus. Je voudrais crier, appeler à l'aide. Aucun son ne sort de ma gorge. Qui suis-je ? Je ne suis qu'un corps douloureux incapable de s'exprimer, mon âme s'est enfuie ; elle avait trop mal de ne plus s'accrocher à la sienne. Sa peau me manque, ses doigts me manquent, ses lèvres et sa langue me manquent. Le croiser un soir dans un bar, et voir qu'il m'évite et sentir son mépris, son indifférence. Cela creuse la douleur en moi. Comment comprendre la haine dans le coeur des hommes ? Comment comprendre l'amour ? Comment comprendre l'incompréhension ? Vivre ainsi, sans comprendre, est-ce mieux ? Est-ce pire ? Je rêve d'un monde simple où chacun exprime ses sentiments sans détour. L'être humain saura-t-il un jour ? Saura-t-il ce que veut dire vivre ? Ce que veut dire mourir ? Ce que veut dire aimer ? L'être humain sera-t-il meilleur ? Serais-je meilleure un jour ? Ce que j'écris est sans queue ni tête ; mais, quelle importance ? Ma vie est un doux enfer. Je suis seule au monde sans B. et je ne peux même pas le lui dire. Ca ne l'intéresse pas... Je ne l'intéresse plus. Même en tant qu'amie... Même être une vague connaissance, c'est trop pour lui.
Huit long mois ! Huit mois d'éternité ! Le monde ne s'est pas écroulé comme je le pensais. Quel dommage ! J'aurais tellement voulu que la terre s'arrête de tourner pour rendre compte de l'immensité de ma douleur. Aujourd'hui je suis seule et la terre tourne, le soleil brille, les gens vivent. Rien n'a changé... Sauf un petit quelque chose au fond de moi qui s'est brisé... Définitivement... Je ne vivais pas avant lui, je ne vis plus après lui. Ma vie a commencé à s'écrire dans les paumes ouvertes de ses mains, mais il a replié les doigts et a gardé le contrôle de ma vie. Seulement, quand il a commencé à serrer les poings, ma vie s'est brisée, une partie restant au creux de sa main et l'autre s'évaporant dans les airs, poussière retournant à la poussière. Je ne suis plus qu'une miette, une miette de ma vie, mais une miette qui se souvient, qui se rapelle le passé. Je voudrais tellement oublier, oublier pour toujours tout ce que j'ai vécu. Je suis insensible à la vie, au temps. Je suis sortie de tout ça... Je ne suis plus à ma place ici. Je ne sais plus que faire de moi. J'ai l'impression de bouger mon corps avec difficulté, selon des vieux automatismes. Cette vie me parait tellement terre-à-terre. Tout m'est difficile : manger, boire, dormir, me lever, même respirer me paraît insupportable.

Publié dans Réminiscences

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Cybèle 13/11/2008 21:09

j'ecrivais beauoup aussi et j'ai tout gardé aussi!!!c'est interesant de relire ce qu'on a ecrit avant, ça permet de faire uen introspection et de faire un bilanintéréssant tout ça!

Mlle B 13/11/2008 21:19



ça fait bizarre de retomber dessus sans s'y attendre... je l'ai relu en entier d'une traite... Et j'ai chialé, chialé, chialé toutes les larmes de mon corps,
particulièrement sur les derniers "articles" qui seront publiés dans.... un certain temps...



Koulou (flegroll) 13/11/2008 20:03

c'est intéressant toutes ces question d'adolescent.... je constate que j'ai trouver des réponse satisfaisantes pour chacune d'elles... C'est plutôt agréable. Je me souviens quand j'avait 16-17 ans, j'étais absolument incapapble d'imaginer que j'aurais un jour 30 ou plus... Je connaissait un gars de mon age à cette époque qui non seulement n'y arrivait pas non plus mais, paradoxe, ne supportait pas non plus l'idée d'atteindre un jour cet âge. Hazard ou coïncidence, il est mort à 28 ans dans un curieux accident qui ressemblait fort à un suicide. Je pense qu'il s'est agit d'un suicvide inconscient. Il lui était inconcevabe de franchir le cap des trente ans.

rémy 13/11/2008 04:56

Merci de ta réponse mais je m'excuse d'être tatillon, je me demande ce qui tu aurai dis à la Mlle B de l'époque, pas à moi ;), si aujourd'hui tu crois une personne qui te dis ce que Mlle B écrivait que lui dirai tu ?

Mlle B. 13/11/2008 05:06



Oulà... J'avais compris, mais c'était une réponse provisoire, une amorce de réflexions... I faudrait que je relise le (ou les ) texte en entier, point par
point, sachant en même temps que les textes écrits dans ce Carnet n'étaient pas faits pour être lus à la base, et que je n'aurais pas dit ça à mes proches, ou, du moins, peut-être pas de cette
manière... Mais ça demande que j'y revienne... Avec les fils, il va me falloir du temps... Je vais tenter l'expérience, mais il ne faut pas oublier que quelle que soit ma réponse ou mes
commentaires à "cette" Mlle B. j'ai une humeur proche de celle de l'époque...



rémy 13/11/2008 03:41

Je me demande ce que la Mlle B d'aujourd'hui dirai à la Mlle B qui a écrit ce texte au moment où elle a écrit ce texte

beetlejuice 13/11/2008 03:45



éh bien, c'est aussi pour ça que je me suis dit que cen'était pas une mauvaise idée de publier ces textes sur le blog... Je dirais que celui que j'apelle B.
m'a fait connaître ( et souffrir) des choses similaires à l'Homme, mais dans une moindre mesure... Et si ça t'intéresse il y a déjà des articles prévus et enregistrés pour les 3
prochains jours de la Mlle B d'hier...



Koulou 13/11/2008 00:01

:0010:

Mlle B. 13/11/2008 02:16


Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure, toi !?!